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Ignorance ou mauvaise foi - sur la réception de Mme Mullally par Léon XIV

Le 28 avril, Don Nicola Bux, liturgiste proche de Benoît XVI, a commenté sur MessaInLatino.it l'audience accordée par Léon XIV à Mme Sarah Mullaly, qui porte le titre et le costume d'archevêque de Canterbury. Son texte :
"Il y a une contradiction entre les nombreux pasteurs anglicans qui sont devenus prêtres catholiques et ont été incardinés dans les ordinariats établis par Benoît XVI, et le message de vœux du pape délivré par le cardinal Koch à Sarah Mullaly, qui n'est pas évêque parce qu'elle est une femme et n'est pas le primat de Canterbury, puisque les deux tiers de la Communion anglicane ne la reconnaissent pas comme telle".
Qu'en est-il du secrétaire du dicastère pour la promotion de l'unité des chrétiens, Monseigneur Flavio Pace, qui fait le signe de croix pendant que l'évêque anglican donne une bénédiction dans la chapelle Clémentine sur la tombe de saint Pierre ?
Koch et Pace n'ont-ils pas réalisé la fausseté de leurs actes ?
Que ce soit par ignorance ou par …Plus

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Martin Janelle

Tiré d'un article du journal The Remnant et accessible sur le site catholique :
«[...]

L'anglicanisme comme modèle et le changement progressif de l'ecclésiologie
Dans ce contexte, d'autres éléments émergent qui contribuent à éclairer l’orientation sous-jacente. Ces derniers temps, en effet, le Vatican semble multiplier les gestes d'ouverture envers le monde anglican, le désignant presque comme un interlocuteur privilégié. Il ne s'agit pas simplement d'œcuménisme au sens classique du terme, mais de quelque chose de qualitativement différent.
Dès lors, il convient de s'interroger sur les raisons d'une telle attraction. Une réponse possible, qui se dégage inductivement des faits, est que les néo-modernistes discernent dans le modèle anglican des traits considérés comme « vertueux » et, à certains égards, paradigmatiques. Premièrement, la parlementarisation de la vie ecclésiale : l'autorité doctrinale et disciplinaire est de plus en plus conçue comme le fruit de processus d'assemblée, où le consensus prime sur la vérité. Deuxièmement, la soumission au pouvoir politique : l'Église anglicane est née comme Église d'État et conserve, dans sa structure, une perméabilité au pouvoir civil qui contraste radicalement avec la doctrine catholique de la distinction indissociable entre autorité religieuse et pouvoir civil.
À cela s'ajoute le synodalisme, dont les anglicans sont des pionniers, entendu non comme un instrument consultatif subordonné à l'autorité du Pontife romain, mais comme un principe constitutif d'une ecclésiologie « horizontale », où la primauté pétrinienne est en réalité vidée de sa substance au profit d'une gouvernance collégiale et, à bien des égards, administrative de l'épiscopat. Enfin, la mission œcuménique affirmée et une certaine idée de fraternité universelle, d'inspiration maçonnique, tendent à mettre de côté les divergences dogmatiques au nom d'une collaboration concrète entre les communautés religieuses.
Dans cette perspective, même des gestes en apparence secondaires acquièrent une signification précise. Par exemple, la réception du roi Charles d'Angleterre, chef de la Communion anglicane, et la remise du titre de « Confrère royal » -4-sont particulièrement éloquentes. Le terme « confrère », au sens propre, implique un partage de dignité et d'appartenance. Appliquée à un souverain qui, par définition, est à la tête d'une communauté hérétique et schismatique, cette formulation révèle une torsion sémantique qu'on ne saurait réduire à une simple courtoisie diplomatique, mais qui témoigne d'une transformation profonde de la conception même de l'unité et de l'autorité.
Il en résulte un tableau paradoxal, mais cohérent avec les observations précédentes.
D'une part, les signes d'accueil, voire de légitimation implicite, se multiplient à l'égard de réalités objectivement extérieures à la communion catholique et dont les doctrines et les pratiques sont incompatibles avec elle – on peut notamment penser à l'ordination des femmes, incarnée par Mullally dans sa forme la plus aboutie.
D'un autre côté, les réalités qui professent pleinement la doctrine catholique et revendiquent la continuité avec la Tradition subissent une pression croissante. Tandis que la parodie vivante des Ordres sacrés est accueillie en grande pompe dans les palais sacrés, au Vatican, on s'active actuellement en vue de l'excommunication imminente de la FSSPX.
Le contraste est flagrant et, d'un point de vue logique, difficile à soutenir sans recourir au critère déjà identifié : la vérité n'est plus le principe formel de l'unité, mais l'unité est une valeur en soi, détachée de la vérité. Les anglicans, bien que séparés, participent à un projet d'unité « large », inclusive, capable d'embrasser même des différences substantielles ; la FSSPX, en revanche, représente un élément perturbateur, un facteur de division, dans la mesure où elle rappelle constamment la nécessité d'une unité fondée sur la profession intégrale de la foi catholique. « Je ne suis pas venu apporter la paix sur la terre, mais l'épée » (Mt 10, 34)
"Au cœur de la stratégie de Léon XIV : freiner …

Martin Janelle

Merci pour le conseil, Panetier.

Martin Janelle

Deux choses dans le corps de l'article :
«Ces derniers temps, en effet, le Vatican semble multiplier les gestes d'ouverture envers le monde anglican, le désignant presque comme un interlocuteur privilégié. Il ne s'agit pas simplement d'œcuménisme au sens classique du terme, mais de quelque chose de qualitativement différent
et
«... il convient de s'interroger sur les raisons d'une telle attraction. Une réponse possible, qui se dégage inductivement des faits, est que les néo-modernistes discernent dans le modèle anglican des traits considérés comme « vertueux » et, à certains égards, paradigmatiques. »

1 autre commentaire de Martin Janelle
Martin Janelle

L'auteur de l'article, Gaetano Masciullo (The Remnant, 30 avril 2026) fait observer (cf. «se dégage inductivement des faits») que nos conciliaires modernistes comme Léon XIV considèrent l'anglicanisme protestant comme le modèle à suivre. Il s'agirait de leur modèle de prédilection. J'en étais intuitivement arrivé à la même conclusion de mon côté, depuis plusieurs mois déjà. Il est vrai que des anglicans furent historiquement en pointe quant à la promotion de l'oecuménisme parmi les protestants en premier, et au temps où l'Église catholique condamnait encore ce genre de démarche, interdisant à tout catholique de se joindre à cela. Ces anglicans «oecuménistes» achevés et assurément francs-maçons également furent de bons observateurs ayant pu accompagner et soutenir moralement le travail en couche de Ratzinger et des autres, aboutissant à la mise bas de Vatican II dans les "sixties".

philippeLILOU

Suite logique de Vatican II...