De l'obsession de l'institution à la passion pour le Christ et de son Évangile.
« Les plus lucides ou les plus engagés dans la mêlée voient s’affronter deux tendances, qu’ils qualifient de "progressiste" et d’"intégriste" (ou "traditionaliste"), chacune d'elles se subdivisant d'ailleurs en plusieurs variétés. On les voit le plus souvent se combattre avec acharnement. [...]
En fait, ces deux tendances rivales se nourrissent l'une de l'autre. Elles sont comme deux branches issues d'un même tronc, qui est l'oubli du véritable mystère de l'Église. L'une et l'autre, par des voies opposées, réduisent l'Église à une réalité purement humaine : soit à une structure sociale du passé qu'il faudrait figer, soit à une organisation humaine qu'il faudrait adapter aux modes du jour. »
Source : Henri de Lubac, L'Église dans la crise actuelle, Paris, Cerf, 1969.
« On ne résout rien par des compromis ou des synthèses superficielles entre les extrêmes qui déchirent l'Église. Ce qu'il faut, ce n'est pas un juste milieu, mais un retour à la profondeur, là où les contraires …Plus
Hans Urs von Balthasar, L’Engagement du chrétien dans le monde, 1953 :
« Rien n'est plus agréable au démon que de voir les chrétiens s'occuper exclusivement de leurs propres affaires ecclésiastiques et s'entre-déchirer sur des questions de formes. Pendant ce temps, le champ du monde est laissé à l'abandon et les âmes s'y perdent. »
Dom Adrien Louf, Au gré de l'Esprit, 1980 :
« L’ecclésiocentrisme est la victoire du Malin parce qu’il nous rend incapables de voir celui qui meurt de faim devant nous. Satan n'a plus besoin d'éteindre les églises, il lui suffit de convaincre les chrétiens que leur propre gestion institutionnelle est plus urgente que le salut du frère. »