QFC - Ferveur
Tiédeur
Les attitudes qui entretiennent — ou éteignent — la vie de la grâce.La tiédeur ne s'installe pas en un jour. Elle naît de petites négligences répétées, jusqu'à ce que le cœur s'habitue à vivre avec Dieu sans vraiment vivre de Dieu.
À l'inverse, la ferveur ne consiste pas à accomplir des choses extraordinaires. Elle grandit dans la fidélité aux petites choses.
Voici quelques attitudes qui permettent de demeurer dans la grâce ou, au contraire, de glisser peu à peu vers la tiédeur. Ce ne sont pas une liste de règles destinées à mesurer la valeur d'un chrétien. Elles sont autant de moyens concrets par lesquels la grâce reçue au baptême peut être entretenue et fortifiée. Négligées, elles ouvrent peu à peu la porte à la tiédeur ; vécues avec fidélité, elles nourrissent une vie spirituelle fervente.
Le catholique fervent entre dans la maison de Dieu.
Le chrétien tiède entre dans l'église comme dans un lieu ordinaire.
Jacob s'écrie après son songe :
Jésus lui-même rappelle :
Entrer dans une église, c'est entrer dans la demeure de Dieu. La première attitude du disciple est donc le respect, le recueillement et l'adoration.
Le catholique fervent garde le silence. Le silence prépare le cœur à écouter Dieu.
Le chrétien tiède bavarde.
Le prophète Habacuc s'écrie :
Isaïe ajoute :
Le silence avant la messe, après la communion ou devant le Saint-Sacrement est déjà une prière.
Le catholique fervent fléchit les genoux. Le corps exprime la foi de l'âme.
Le chrétien tiède n'adore plus.
Le psalmiste invite :
Et saint Paul proclame :
La génuflexion et l'agenouillement ne sont pas de simples traditions : ils manifestent extérieurement l'adoration due au Christ.
Le catholique fervent prépare sa rencontre avec Dieu. Avant toute mission vient la rencontre.
Le chrétien tiède arrive au dernier moment.
Jésus dira de Marie de Béthanie :
Un temps de recueillement avant la messe dispose l'âme à recevoir les grâces que Dieu veut lui communiquer.
Le catholique fervent participe à l'offrande du Christ.
Le chrétien tiède assiste à la messe.
La première communauté chrétienne nous montre le modèle :
La messe n'est pas un spectacle, à applaudir. Elle est l'action du Christ et de son Église. Participer, c'est écouter, répondre, chanter, offrir sa vie avec le sacrifice du Seigneur.
Le catholique fervent prépare son cœur.
Le chrétien tiède communie par habitude.
Saint Paul avertit :
Jésus promet :
La communion est une rencontre avec le Christ vivant. Elle demande un cœur préparé, purifié et désireux de demeurer en lui.
Le catholique fervent demeure avec lui dans l'action de grâce.
Le chrétien tiède quitte aussitôt Jésus.
Les disciples d'Emmaüs supplient le Seigneur :
Celui qui vient de communier peut faire sienne cette prière. Après avoir reçu le Christ, le plus beau geste est de rester quelques instants auprès de lui pour le remercier, l'écouter et lui ouvrir son cœur.
Le catholique fervent se nourrit chaque jour de la Parole de Dieu.
Le chrétien tiède nourrit son corps plus que son âme.
Jésus enseigne :
Le psalmiste ajoute :
La lecture quotidienne de l'Écriture entretient la foi et éclaire les décisions de chaque jour.
Le catholique fervent donne du temps à Dieu chaque jour.
Le chrétien tiède prie quand il a le temps.
Jésus recommande :
Et saint Paul écrit :
La prière quotidienne n'est pas une option. Elle est le souffle de la vie chrétienne.
Le catholique fervent cherche à vivre ce en quoi il croit.
Le chrétien tiède négocie avec l'Évangile.
Jésus enseigne :
Et il demande :
La foi véritable transforme les actes autant que les paroles.
Le catholique fervent se convertit sans cesse.
Le chrétien tiède s'habitue à ses fautes.
La première prédication de Jésus est un appel :
Saint Jean ajoute :
Le chrétien ne se définit pas par ses chutes, mais par son désir constant de revenir vers Dieu.
Le catholique fervent demeure dans le Christ.
Le chrétien tiède vit de lui-même.
Le psalmiste chante :
Puis Jésus ajoute :
Toute la vie chrétienne est là  : demeurer uni au Christ pour porter le fruit que Dieu attend.
Le catholique fervent l'invoque chaque jour.
Le chrétien tiède oublie l'Esprit Saint.
Jésus promet :
Et saint Paul exhorte :
C'est l'Esprit Saint qui ravive en nous la grâce du baptême, éclaire notre intelligence, fortifie notre volonté et enflamme notre charité. Sans lui, la foi devient une habitude. Avec lui, elle devient une vie.
_ _ _ _ _ _ _ _ _ _
Conclusion
La tiédeur ne commence pas par un grand reniement. Elle s'installe peu à peu, lorsque les petites fidélités disparaissent : le silence devant Dieu cède la place au bruit, la prière devient irrégulière, la Parole de Dieu est délaissée, les sacrements sont reçus par habitude, et le cœur cesse progressivement de se laisser transformer par la grâce.
À l'inverse, la ferveur grandit dans la fidélité aux gestes simples de la vie chrétienne : le recueillement, l'adoration, la prière quotidienne, l'écoute de la Parole de Dieu, la fréquentation des sacrements, la conversion permanente du cœur et la docilité à l'Esprit Saint.
Le Christ ne demande pas des exploits extraordinaires. Il demande un cœur disponible, fidèle et persévérant, qui cherche chaque jour à vivre de sa grâce. C'est pourquoi saint Paul nous adresse cette exhortation toujours actuelle :
________________
COLLECTION
1. L'Église catholique
2. L'abaissement ou l'humilité
3. Faire Église
4. Ferveur vs Tiédeur