Dans la vie quotidienne, que fait-on d’un bon poisson ?
On le garde… pour le donner, le préparer, le partager, le manger.
Autrement dit, le « bon poisson » ne reste pas tranquillement dans son panier. Il est destiné à être livré. Ce détail ouvre une méditation plus profonde sur la vie du disciple.
Le bon poisson est séparé des autres. Il est choisi. Mais ce choix n’a pas pour but sa tranquillité. Il est choisi parce qu’il est destiné à une autre finalité. Le chrétien pourrait facilement croire que l’élection divine consiste à être préservé des difficultés.
Or Jésus enseigne exactement l’inverse.
Être gardé par Dieu ne signifie donc pas échapper au don de soi. C’est précisément parce qu’il appartient à Dieu que le disciple peut être appelé à donner sa vie. Le bon poisson n’est pas rejeté. Il est retenu… pour être donné.
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Toute l’histoire biblique conduit à cette vérité. Déjà l’Ancien Testament annonce :
L’auteur de la Lettre aux Hébreux applique ces paroles au Christ.
05 Aussi, en entrant dans le monde, le Christ dit : Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps. 06 Tu n’as pas agréé les holocaustes ni les sacrifices pour le péché ; 07 alors, j’ai dit : Me voici, je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté, ainsi qu’il est écrit de moi dans le Livre. […] 09 Ainsi, il supprime le premier état de choses pour établir le second. 10 Et c’est grâce à cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande que Jésus Christ a faite de son corps, une fois pour toutes.
Le véritable sacrifice n’est plus celui des animaux. C’est la vie du Fils offerte librement dans l’obéissance.
Voilà pourquoi Jésus prie :
Le disciple entre à son tour dans cette logique. Il n’est pas appelé à mourir. Il est appelé à s’offrir. Toute sa vie devient une offrande.
Saint Paul résume cette vocation :
Le chrétien devient alors, pourrait-on dire, un « bon poisson » parce qu’il accepte d’être livré entre les mains de Dieu.
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Être choisi est une responsabilité. Jésus affirme :
Le bon poisson est celui qui peut être présenté. Il est “bon”, non parce qu’il serait parfait, mais parce qu’il s’est laissé transformer, à l’instar du grain de blé qui doit mourir pour porter beaucoup de fruit.
Ainsi, le disciple ne cherche plus d’abord à conserver sa vie. Il cherche à ce qu’elle devienne féconde entre les mains de Dieu.
Conclusion
Dans la parabole, le bon poisson n’est pas gardé pour lui-même. Il est choisi en vue d’une destination. De même, Dieu ne nous appelle pas à conserver jalousement notre existence, mais à la recevoir comme un don destiné à être offert. Perdre sa vie pour le Christ n’est donc pas la perdre : c’est accepter qu’elle devienne, entre les mains de Dieu, une nourriture pour le Royaume.
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COLLECTION
1. Ne nous soumets pas à la tentation !?
2. Kézako : la concupiscence ?
3. Si seul Dieu est bon, alors qui est Jésus ?
4. Le bon poisson… finit à la casserole !